Quand la crue d’un fleuve et l’Etat s’isolent : l’oubli de la Casa de Pesca à Chaiten

« Nous sommes totalement isolés lorsque la rivière monte », explique le président du conseil de quartier de Casa de Pesca – une ville située à environ 50 kilomètres au nord de Chaiten, dans la région de Los Lagos -, Miguelina Soto. Il fait référence à la rivière Esas. Compte tenu des conditions climatiques du sud du pays, il arrive souvent qu’il pousse et empêche les gens de le traverser.

« De ce côté de la rivière Esas, nous avons trois enfants qui vont à l’école », raconte Soto. Le compteur. Pour aller à l’école rurale, ils doivent traverser la rivière. Pour ce faire, les bambins – un de CM2 et deux de CE2 – doivent monter à cheval ou dans un camion, en compagnie d’un adulte. C’est-à-dire si les conditions météorologiques le permettent.

« Il y a des jours de pluie abondante où la rivière ne cède pas. On a dû sortir les enfants de l’école en une demi-journée car après on ne peut plus traverser », raconte le chef.

Le conseiller municipal de Chaiten, Jean Alvarado (RD), indique que tous les services de base de Casa de Pesca, c’est-à-dire le poste de santé rural, l’école, le siège du conseil de quartier, se trouvent du côté nord de Hacelas.

Face à la nécessité de traverser le fleuve, « cette difficulté est générée tout le temps, en fonction des conditions du fleuve pour pouvoir accéder aux services qui sont de base », explique l’édile. Il détaille également qu’environ 50 personnes sont concernées par cet obstacle.

Au problème de Celles s’ajoute l’isolement géographique de Casa de Pesca. « Il n’y a pas de connectivité le long de la côte, elle a le statut d’île, tout le transport se fait par voie maritime », explique Alvarado.

pont et drop tender

« Ce qu’on veut le plus, c’est le pont », dit le président de l’association de quartier Casa de Pesca. Une demande qui est dans la communauté depuis des années. Il y a deux ans, la demande a été entendue et le ministère des Travaux publics (MOP) a ouvert un appel d’offres pour la construction du pont, long de 156 mètres. Cependant, le processus a échoué.

« Il y avait un gouvernement sur le terrain qui était le 27 juillet et là nous avons été informés, une personne de Vialidad est venue, qui a dit que le ‘problème était arrivé là’, le pont », raconte Miguelina Soto.

« Ce qui s’est passé, principalement, du milieu de l’année dernière à cette partie, c’est qu’en raison de la hausse continue du prix des matériaux de construction, l’entreprise de construction (Ingeniería Civil Aysén Spa) est progressivement devenue financièrement insolvable, jusqu’à arriver au moment d’abandonner le travail », explique le député du 26e arrondissement, Jaime Saez (RD).

«Ce que la communauté a exigé, c’est que le ministère des Travaux publics soit présent sur place et qu’il informe avec plus de précision lorsque le processus de construction va reprendre. Le plus gros agacement est que les autorités n’ont pas engagé un dialogue direct avec la communauté », poursuit le législateur.

De même, il commente que « nous avons reçu des informations sur le fait que ce travail, ainsi que d’autres dans certaines zones extrêmes de la région de Los Lagos, vont être de nouveau exécutés ou dans le processus d’appel d’offres au cours de cette année, et plusieurs travaux vont reprendre plus en été en raison de la situation météo ».

Cependant, il glisse une critique contre le gouvernement. “Da la sensación y estoy bastante convencido de que desde una perspectiva más política no se ha sabido, desde el Ministerio de Obras Públicas, que plantee una solución concreta a la conectividad en esa zona en particular y en la provincia de Palena más en términos generales « , précise.

Dans ce sens, il affirme que « nous avons là un potentiel gigantesque pour un modèle de développement différent de ce que nous avons connu ces dernières décennies, mais qui nécessite des investissements et une présence constante de l’État qui n’existe vraiment pas aujourd’hui ».

Ce médium a essayé de contacter le Seremi des travaux publics de Los Lagos, Daniel Olhabémais jusqu’à la fermeture de la note, il n’y a pas eu de réponse.

Pour Miguelina Soto, la construction du pont « serait idéale, elle serait primordiale » car il est « risqué » de traverser le fleuve.Nous devons d’abord voir si nous pouvons traverser avant de voir si les enfants vont aller à l’école. Et sur le chemin du retour aussi, quand on doit traverser la rivière, risquer la rivière en emportant son camion », raconte-t-il.