« Qatargate » : le scandale de corruption qui touche le Parlement européen

Ce week-end a vu l’arrestation du vice-président du Parlement européen, Eva Kailiaprès avoir été impliqué dans un nouveau scandale de corruption qui touche l’institution, baptisé : « Qatargate », qui a conduit à enquêter sur des pots-de-vin présumés versés par ledit pays pour assainir son image.

Le scandale a amené le tribunal de Bruxelles à arrêter l’eurodéputé grec et trois autres personnes pour les délits de participation à une organisation criminelle, de blanchiment d’argent et de corruption. L’enquête reste ouverte. Du pays du Golfe, ils nient leur participation.

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Le président de l’Eurocámara, Roberta Metsolaa souligné que l’entité collaborera avec les autorités belges au cours de l’enquête, ainsi que des réunions informelles avec les chefs de groupes de parlementaires pour définir une procédure.

Le président de la Commission européenne, Ursula von der Leyena demandé aux institutions européennes de respecter « des normes élevées d’indépendance et d’intégrité » et a souligné que « la confiance exige des normes élevées d’indépendance et d’intégrité ».

Qu’est-il arrivé?

La police judiciaire belge a effectué vendredi 16 perquisitions domiciliaires et interpellé ces cinq personnes, après avoir mené une enquête de plusieurs mois au cours de laquelle elles soupçonnaient que le Qatar avait tenté d’influencer les décisions économiques et politiques du Parlement européen.

Il l’aurait fait « en versant des sommes substantielles et en offrant des cadeaux importants à des tiers ayant une position politique ou stratégique importante au sein du Parlement européen », a indiqué vendredi le parquet fédéral.

En effet, la police judiciaire a confisqué dans les archives du matériel informatique, des téléphones portables et environ 600 000 euros en espèces.

Selon les journaux belges « Le Soir » et « Knack », un demi-million d’euros en espèces ont été retrouvés au domicile de Panzeri, aujourd’hui président de l’association Fight Impunity, dédiée à la lutte contre l’impunité pour les violations graves des droits de l’homme ou les crimes. contre l’humanité.

Avec Kaili, les personnes arrêtées sont son partenaire; l’ancien eurodéputé italien Pier Antonio Panzeri (également social-démocrate) ; la nouvelle présidente élue de la Confédération syndicale internationale, Luva Visentini, et un lobbyiste dont l’identité n’a pas été révélée.

LIBERALISATION DES VISAS POUR LE QATAR

Les révélations sur la corruption liée au Qatar sont survenues, en plus de la Coupe du monde de football dans le pays, quelques jours après que le Parlement européen a donné son feu vert pour négocier que les Qataris seraient exemptés de visa Schengen pour les courts déplacements à l’intérieur du pays. pays dans cet espace de libre circulation.

A l’origine, l’entrée en négociations avec les pays aurait été automatiquement approuvée si personne ne s’y opposait cette semaine, mais le scandale a poussé divers groupes, dont les sociaux-démocrates et le responsable de ce dossier – qui appartient aux Verts -, à manœuvrer suspendre sa validation.

Il y a deux façons de geler le dossier : la première serait que la plénière vote jeudi contre la libéralisation des visas pour le Qatar ; Cela impliquerait que le Parlement reprendrait la question lors de la session plénière suivante, en janvier, et devrait à nouveau débattre du fond et voter à nouveau, avec d’éventuelles modifications.

Une autre voie, plus probable selon les sources consultées par EFE, consiste à retourner le « dossier » à la commission parlementaire qui l’a traité, celle des Libertés civiles, qui déciderait quoi faire et pourrait également choisir de le modifier et, par exemple , retirer les dispositions faisant référence au Qatar.

Dans le même paquet, il allait être proposé d’entamer des négociations sur les visas des citoyens de l’Équateur, du Koweït et d’Oman, qui devront attendre que cette question soit résolue.

eurochambre

La plénière débutera à Strasbourg (France) à 17h00 heure locale (16h00 GMT) avec quelques mots de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et la révision de l’ordre du jour pour décider, entre autres changements à l’ordre du jour de la plénière, un éventuel débat sur la question ou ce qu’il adviendra de la décision sur la libéralisation des visas qatariens.

Metsola, qui a déjà offert son entière coopération aux autorités belges dans le cadre de l’enquête et a noué des contacts informels avec des chefs de groupes parlementaires pour décider de la marche à suivre, aura l’occasion de s’exprimer sur l’affaire à cette ouverture de la session plénière et pourrait donner au Je m’adresse aux chefs des groupes politiques pour un premier constat sur les faits révélés pour la première fois vendredi dernier.

Interrogées par EFE, les sources parlementaires présument une majorité pour tenir un débat spécifique sur les révélations de l’enquête, avancées par plusieurs journaux belges, et il ne resterait plus qu’à confirmer en vote en plénière cet après-midi et décider quel jour et quelle heure cette semaine serait prend place.

RELAIS DU VICE-PRÉSIDENT IMPUTÉ

Le règlement du Parlement prévoit la possibilité de révoquer un vice-président ou un autre poste au sein de l’institution, la voie que la vice-présidente Eva Kaili suivra vraisemblablement après son imputation.

La Conférence des présidents a avancé sa réunion de ce mercredi à demain mardi et pourra décider, à la majorité des trois cinquièmes, de proposer de mettre fin au mandat de Kaili. Le Parlement dans son ensemble le confirmerait à la majorité des deux tiers cette semaine.

Pour la soulager, les socialistes mettront un nouveau nom sur la table et la session plénière devra le confirmer.

Les autorités belges, pour leur part, doivent demander au Parlement européen de lever l’immunité de Kaili en tant que députée européenne afin de poursuivre la procédure judiciaire à son encontre.