Max Bello, expert en protection des océans et sommet sur la biodiversité : « Le Chili joue un rôle très important dans l’agenda diplomatique mondial »

Max Bello est l’un des principaux experts en matière de protection des océans et a été l’un des participants à la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP15) à Montréal, qui se déroule jusqu’à lundi.

Le conseiller en politique publique Mission Blue a souligné l’importance de cette conférence, notamment compte tenu de la triple crise qui touche le monde, en référence au changement climatique, à la pollution et à la perte de biodiversité.

Pour le spécialiste, la protection de l’océan est primordiale, tant dans son rôle de générateur d’oxygène, domaine dans lequel le Chili a joué un rôle de premier plan.

Des objectifs clairs

– Quelle est l’importance de la Conférence des Nations Unies sur la Biodiversité (COP15) à Montréal ?

– C’est l’une des plus importantes, dans le cadre de la triple crise due à la pollution, au changement climatique et à la perte de biodiversité. Nous perdons à un rythme accéléré de nombreuses espèces essentielles à la santé de la planète, dont nous faisons partie en tant qu’humanité.

– La Conférence vise à stopper le déclin des écosystèmes, en protégeant 30% de la Terre et de la mer dans le monde jusqu’en 2030, la stratégie dite « 30×30 » Que pensez-vous de cette stratégie dans le domaine des océans ?

– La conférence vise à créer un cadre pour les 10 prochaines années et c’est la clé, car si nous n’y assistons pas correctement, avec ambition et avec des objectifs clairs pour résoudre cette situation, nous pouvons perdre la bataille et avec ces pièces qui sont essentielles à notre planète. .

Une des choses essentielles, une fois qu’il y a un consensus sur la question des 30 %, c’est de pouvoir faire progresser la qualité de ces zones. En d’autres termes, ce n’est pas la même chose d’avancer avec la création d’aires marines protégées, par exemple, de 30%, s’il y a encore des impacts importants dans ces aires marines protégées.

Par exemple, toutes les activités à fort impact, en particulier les activités industrielles, ne devraient pas être autorisées. Et là, nous sommes nombreux à faire pression pour qu’il en soit ainsi, que ce soient des aires marines protégées qui permettent de maintenir la biodiversité, mais aussi de récupérer ce qui a été perdu.

Les mesures

– Quelles mesures seront discutées lors du sommet spécifiquement pour la protection des océans ?

On parle de beaucoup de cadres réglementaires, ou plutôt d’objectifs, qui permettent de protéger et de récupérer la biodiversité. Il touche précisément à des questions telles que le trafic d’espèces, l’éradication des espèces envahissantes, les utilisations durables de certains environnements, écosystèmes et espèces, en particulier la protection d’éléments très importants, qui sont moins intervenus, par exemple, dans des zones plus intactes et vierges de la terre et la mer.

– Quelle est l’importance des océans pour la préservation de la biodiversité ?

Les océans sont la source de la vie sur la planète. Non seulement l’endroit où se trouve la plus grande quantité de biodiversité, mais aussi l’écosystème qui séquestre le plus de carbone.

Par conséquent, aujourd’hui, lorsque nous parlons de changement climatique, de biodiversité, l’océan est précisément la pierre angulaire, la clé, pour la protection de cette planète, et donc les actions doivent viser la santé de l’océan mondial.

Rôle du Chili

– Comment le changement climatique affecte-t-il la biodiversité des océans ?

– Quand on parle de la triple crise, on sait très bien que l’océan est très touché. Par exemple, dans la pollution, on voit tout ce qui a à voir avec le plastique, mais aussi le changement climatique, avec le changement de température, moins d’oxygène, moins de vie et l’acidification. Et aujourd’hui, nous savons aussi que la principale menace qui pèse sur l’océan est la perte de biodiversité, qui est principalement due à la surexploitation des ressources halieutiques.

C’est donc précisément là encore que la création d’aires marines protégées prend toute son importance, car elle maintient des lieux clés, critiques, de confluences, voire de routes où s’épanouissent espèces et écosystèmes. A travers ces 30% d’aires protégées, qui devraient être de qualité, il peut apporter plus de résilience à l’océan, ce qui signifie qu’il résistera mieux à ces autres chocs globaux, comme le changement climatique, et ainsi nous aider à sortir de cet enjeu planétaire .

– Quelle a été la contribution du Chili à cet égard, notamment avec les aires océaniques protégées ?

– Le Chili a non seulement atteint 43% de zones protégées, ce qui est l’un des pourcentages de protection les plus élevés, mais il l’a également fait à travers des zones hautement protégées, hautement et totalement protégées, qui sont les meilleures qualités. La chose la plus importante n’est pas seulement d’avoir créé ces zones, mais elle a poussé d’autres pays à suivre cette voie, et elle s’est également battue pour d’autres questions qui sont essentielles.

Par exemple, aujourd’hui le Chili est l’un des principaux acteurs pour arrêter cette nouvelle idée d’exploitation minière sous-marine. Le Chili a également été l’un des principaux négociateurs de l’Accord sur la haute mer. Le Chili joue plusieurs rôles qui sont peut-être moins connus, mais qui sont très importants dans l’agenda diplomatique mondial des Nations Unies.