Marco Velarde (Comunes) : « La droite ne peut agir avec opportunisme » sur la question de la sécurité

-On dit que le changement de cabinet est organisé pour mars, mais certains recommandent de l’avancer pour surmonter l’épisode des grâces, et donc l’effet électoral après mars est moins perceptible. Critique?

-Le changement de cabinet est un pouvoir du Président, ce qui me parait beaucoup plus central c’est qu’il y a une coordination totale du parti au pouvoir avec le Gouvernement, déployant un agenda de sécurité sociale et citoyenne. Je vois dans le programme de sécurité une occasion pour le gouvernement de reprendre l’offensive après la semaine dernière. Les projets qui ont atteint un consensus élevé à la table de sécurité doivent être pris et doivent être présentés avant que le Congrès n’ait une récession législative en février. La droite ne peut pas agir de manière opportuniste à cette occasion.

– Pensez-vous qu’il ne faut pas attendre le droit de se rasseoir à la table de sécurité ?

-Nous avons déjà attendu assez de temps pour avoir le droit de faire preuve de disponibilité pour nous asseoir et reparler. On a hâte que Chile Vamos arrête de danser sur la musique des Républicains. Le gouvernement doit agir en fonction des préoccupations des citoyens et non en fonction de ce que veut la droite.

Sur cette question, il y a un consensus élevé avec le Chili Vamos. Vous devez commencer à travailler maintenant. Nous ne pouvons pas attendre les vacances législatives en février et présenter les projets en mars. Un signal clair doit être donné face à une violence qui atteint des niveaux sans précédent.

-Dans la Au dernier scrutin des conventionnels on a vu qu’il ne bénéficiait pas du droit de s’inscrire sur une liste unique, selon les universitaires il leur pesait de représenter le Gouvernement. Est-il plus important de soutenir le président ou d’obtenir une majorité de gauche au sein du corps constituant ?

-Il ne suffit pas de construire des majorités au sein de la gauche. L’important est que les transformations que nous promouvons puissent avancer, et pour cela nous avons aussi besoin du centre, des progressistes et des acteurs sociaux. La confiance des citoyens est essentielle, et un fait fondamental est une liste unique qui rend compte de la volonté de dialogue et d’articulation du parti au pouvoir, qui doit s’accompagner de définitions programmatiques qui placent un État social de droit au centre. Le soutien au président des acteurs pro-gouvernementaux ne se manifeste pas par des mots, mais par des actions concrètes. Il nous a appelés, d’une part, à nous conformer à une alliance gouvernementale, et d’autre part, à rejoindre une liste unique.

-Comment se passe le passage d’une liste unique à l’élection des conventionnels mêlé à la construction de la confiance citoyenne ?

-Lorsqu’il y a des urgences aussi importantes que la sécurité et le coût de la vie, les citoyens exigent de nous voir travailler ensemble, en construisant des majorités pour obtenir un soutien pour convertir ces projets en lois. Dans les moments de décomposition politique, les forces politiques fragmentées ne sont d’aucune utilité. Pour cela, l’unité de l’alliance gouvernementale est importante à tous les niveaux, que ce soit dans le travail de l’Exécutif, comme dans l’obtention d’une nouvelle Constitution qui avance vers l’Etat social de droit.

-Qu’est-ce qui change aujourd’hui par rapport aux élections passées au cours desquelles les coalitions I Approve Dignity et Democratic Socialism ont été séparées ? Tant pour les constituants que pour la présidentielle.

-Maintenant, nous soutenons un gouvernement. C’est le gouvernement du président Boric, mais c’est aussi le gouvernement de cette alliance composée du Socialismo Democrático et de l’Apruebo Dignidad. Nous travaillons pour réaliser l’unité, qui ne peut pas être réalisée du jour au lendemain. Avoir une liste unique est l’un des obstacles que nous devons surmonter pour réaffirmer que nous sommes une alliance gouvernementale. En allant sur deux listes on perd ce qu’on fait depuis des mois.

-Il semble qu’aujourd’hui la tension entre les deux coalitions gouvernementales soit montée…

-Je veux dédramatiser la tension. La politique a une délibération démocratique et pour cela elle a besoin de moments de tension. Nous l’avons déjà eu et il n’a donné que de bons résultats. Ce qu’il n’apporte pas, ce sont des déclarations qui ne font que générer du bruit comme celles de l’ancien sénateur Guido Girardi.

-Il semble qu’avec le désordre reconnu dans le processus et l’annonce des grâces, l’accent sur la réforme des impôts et des retraites ait été perdu.

-C’est ce que le Gouvernement a mis comme priorité, et il est du devoir des partis de pousser et d’aider le Gouvernement pour que cet agenda soit déployé au Congrès et suscite l’adhésion des citoyens. Il est évident que face à l’éventualité, chaque coalition peut avoir des opinions et des réponses différentes, mais ce qui est important ici, c’est qu’en fin de compte, nous soutenons le travail du président, et que la critique du désordre ne sert pas à frapper gratuitement, mais plutôt pour contribuer à demain, nous aurons une meilleure performance. Reconnaissant le désordre dans le cas des grâces, des responsabilités ont été assumées, mais même le nouveau ministre de la Justice a réaffirmé que la grâce était bien.

– Que pensez-vous que la question des grâces reste dans l’actualité grâce aux déclarations des dirigeants pro-gouvernementaux ?

-Lorsque les républicains veulent causer des dommages institutionnels à la démocratie en la rendant inutile, désaffectée et qui ne suscite pas l’adhésion des citoyens, il est très dangereux d’apparaître dans ce chœur. Par exemple, avec le soutien du Chili, nous allons aux accusations constitutionnelles. Les acteurs du parti au pouvoir qui génèrent la polémique nous font perdre de vue la délibération politique.

-Il ne m’a pas répondu ce qu’il pense d’un changement de cabinet.

-Ce sont des rumeurs, il n’y a pas de proposition de changement de cabinet. Les menaces de la droite et les accusations constitutionnelles ne vont pas nous détourner des réformes des retraites et de la fiscalité. Il faut miser sur un agenda des urgences sociales et surtout autour de la sécurité. C’est notre nord, pas le petit combat.