L’opposition vénézuélienne élimine le « gouvernement intérimaire » de Juan Guaidó

Rassemblés au Parlement élu en 2015, à la majorité absolue et qui défendent sa pérennité en qualifiant de frauduleux le triomphe du chavisme pro-gouvernemental aux législatives de 2020, la direction de l’opposition a décidé la fin de ce chiffre dès le 5 janvier, avec 72 voix. pour, 29 contre et 8 abstentions.

Se reconnaissant vaincu par une majorité qui demande de mettre fin à sa « présidence en charge », l’opposant Juan Guaïdo appelé au bon sens, ce qui signifie pour lui la préservation du « gouvernement intérimaire » dans Venezuelaune figure créée en 2019 et qui a pris fin le 30 décembre 2022, lorsque l’anti-chavisme a tenu une séance que l’ancien député avait tenté d’éviter.

Après avoir suspendu unilatéralement une réunion du Parlement élu en 2015 -que les opposants jugent « légitime » en rejetant celle élue en 2020, contrôlée par le chavisme-, qui était prévue aujourd’hui depuis une semaine.

Les anti-chavistes, qui ont averti que l’élimination de la période intérimaire représente « un saut dans le vide », ont demandé à la majorité des membres de cette législature, composée des partis Acción Democrática, Primero Justicia et Un Nuevo Tiempo, de défendre le  » l’institutionnalité » de l’opposition de lutte représentée dans la figure du « gouvernement provisoire » au-dessus des « noms et intérêts personnels ».

« Vous avez les voix pour détruire la figure de la présidence par intérim (…) Mais vous avez aussi les voix pour maintenir et nommer les personnes qui la composent. Faites ce que vous dicte votre conscience, mais ne détruisez pas l’institutionnalité que notre combat oblige », s’est exprimé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle il appelait à défendre l’intérim.

Fin du gouvernement intérimaire

L’appel à la session représentait un pas en arrière de Guaidó dans sa tentative d’éviter la fin tant chantée du « gouvernement intérimaire », créé en 2019 après que l’ancien député, alors président du Parlement, se soit proclamé représentant de la nation en ignorant la légitimité de Nicolas Maduro comme chef de l’Etat.

Ainsi, le dirigeant a finalement répondu à l’appel de la majorité des anciens députés qui l’ont soutenu en 2019, qui maintiennent la décision d’éliminer le « gouvernement intérimaire » car ils considèrent qu’il n’a pas atteint les objectifs pour lesquels il a été créé, ce qui a entraîné – de l’avis des anti-chavistes – le mépris des citoyens et la perte du soutien et de la reconnaissance internationale.

Ce groupe avait annoncé sa décision de mettre fin à l’intérim le 21 décembre, lorsqu’il avait fait part de son intention de modifier le « statut de transition » -la feuille de route créée il y a près de quatre ans- pour supprimer la figure de l’intérim de la présidence.

Le lendemain, un total de 72 anciens députés sur les 112 qui ont soutenu Guaidó en 2019 ont voté en faveur de la suppression de l’intérim, une décision qui doit être entérinée lors d’une deuxième réunion, qui était prévue ce jeudi.