Le sénateur Huenchumilla critique le centre-gauche qui soutient Rejection : « Nous devons avoir du respect entre nous »

Le sénateur Francisco Huenchumilla (DC) a évoqué le spot controversé, semblable à la campagne du « Non », promu par le centre-gauche pour le rejet et le groupe présidé par Javiera Parada « Una que nos una », où il est fait référence à la scène de la campagne de 1988 dans laquelle on voit l’acteur Joaquín Astaburuaga danser sur le pont de Racamalac.

« Il y a 35 ans, nous avons dit non pour prendre le chemin de la démocratie. Aujourd’hui, nous disons encore non pour avoir la Constitution que le Chili mérite. Avec la même joie, avec le même espoir, nous avons voté le rejet », entend-on dans la vidéo où il apparaît également l’ex-conventionnel Felipe Harboe et la sénatrice Ximena Rincón.

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« La politique est indissociable de l’éthique. Le ‘Non’ a été un combat épique contre Pinochet, comment peut-on enlever ça et le transférer 30 ans plus tard dans autre chose ? (…) il me semble qu’il faut garder certaines formes, et ne pas entrer dans ces campagnes de terreur typiques qui existaient auparavant. Nous devons avoir du respect entre nous », a condamné le législateur, en conversation avec Radio Coopérative.

Huenchumilla avait aussi une explication à « l’absence » des partis de droite dans la campagne et les franges du Rejet : « Si la droite, avec des partis qui aspirent au pouvoir, a des idées, il faut qu’elle participe. Pourquoi ne participez-vous pas ? Parce qu’il arrache les marrons avec la main du chat. Ils savent que s’ils se présentent, les gens sont réticents, ils ne les croiront pas (…) ils prennent les châtaignes avec la main du chat et ils mettent deux choses : les gros consortiums journalistiques, et ils mettent aussi l’argent ».

Le sénateur DC a réitéré son attachement à l’Approbation et a également exprimé ses appréhensions face au déploiement de la communication du droit au Rejet, s’interrogeant sur la possibilité d’accords « dans le dos du peuple ».

« Nous avons passé 40 ans à essayer de changer la Constitution de Pinochet. Et quand vient le temps de le changer, la droite monte tout un racket communicationnel, soutirant beaucoup de critiques interprétatives du nouveau texte de la Constitution (…) ceux qui ont gouverné ce pays pendant plus de 200 ans, ne ne pas se résigner au fait que d’autres secteurs de la société peuvent avoir une participation », a affirmé le parlementaire.

Pour le législateur « c’est de cela qu’il s’agit aujourd’hui. Et aussi l’approbation signifie que si nous acceptons d’améliorer ce texte, nous l’améliorerons. Mais que veut dire rejet ? Cela signifie un saut dans le vide. Car qu’est-ce qui vient après le Rejet ? (…) nous aurions à répéter le processus ».

« Est-ce ce que nous allons faire, ou y en a-t-il qui veulent faire quelque chose parmi les notables, comme cela a été fait tout au long de l’histoire du Chili, qu’un groupe de personnes éclairées fassent une nouvelle Constitution ? Ou le Congrès va-t-il le faire, ce qui est totalement discrédité ? Est-ce que les gens vont accepter qu’on fasse une Constitution entre coqs et minuit, entre quatre murs ? », s’est interrogée la sénatrice.

Alors le législateur a empêché le scénario, de gagner le Rejet : « Si le Rejet l’emporte, la Constitution de 1980 reste en vigueur et la droite récupère son droit de veto (…) car qui a au Sénat, et au Congrès les 4/7 aujourd’hui? Faisons une précision réaliste. Les seuls qui ont 4/7 aujourd’hui sont la droite et ses alliés occasionnels (…) et donc ce droit de veto continue ».

Huenchumilla a également souligné ceux qui s’interrogent sur la voie d’une nouvelle Convention : « la Constitution actuelle de 1980 dit que le processus, c’est ce qu’il dit à l’article 42, continue dans les mêmes termes dans lesquels il a été fait (…) serons-nous capable de se mettre d’accord? dans une méthode qui a du sens pour les gens, que ce n’est pas une cuisine? (…) la classe politique ne peut pas agir dans le dos du peuple ».

Enfin, le sénateur a abordé la controverse sur le consentement que les peuples autochtones doivent donner en matière législative ou de réformes constitutionnelles qui affectent leurs droits.

« La règle générale est exactement la même que la Convention 169. Où avons-nous le problème ? à l’article 191, deuxième alinéa (de la proposition constitutionnelle) (…) qui se trouve exactement dans un chapitre spécifique, se référant aux autonomies territoriales. L’interprétation n’a donc pas à être littérale. Cela doit être systémique », a-t-il déclaré, précisant que le consentement des autochtones s’appliquera effectivement à l’autonomie territoriale, et non à toute question juridique.

« Mais aussi, mon argument le plus fort est que c’est un pays très raciste (…) ce que j’ai entendu de la part de certains représentants est franchement un préjugé contre tout cela. Alors ils se sont emparés de ça, pour jeter du charbon sur le bûcher », a-t-il souligné.