La ministre Camila Vallejo après le Te Deum Evangelico a souligné l’appel à rencontrer d’autres personnes : « Je pense qu’en ce moment c’est nécessaire »

A la sortie du Te Deum évangélique ce samedi, la porte-parole du gouvernement, Camila Vallejo (PC) a assuré que la cérémonie était « un moment de rencontre (…). Un appel général à la société pour descendre du cheval, ou en bon chilien « descendre du poney », et rencontrer les autres et parler, je pense que c’est nécessaire en ce moment ».

« Bienvenue et bienvenue dans la maison de Dieu », c’est ainsi que Mgr Javier Espinoza, secrétaire du Conseil national des évêques et pasteurs évangéliques du Chili, a ouvert la cérémonie.

C’était un rite d’action de grâce, auquel le président Gabriel Boric est arrivé ce matin et qui a été célébré dans la cathédrale évangélique de Puente Alto. Instance dans laquelle en 2017 l’ancienne présidente Michelle Bachelet a dû faire face à des cris de la part des participants pour sa position sur l’avortement et le mariage homosexuel, mais cette année, elle a vécu normalement.

Les évêques évangéliques se sont adressés aux autorités en soulignant la nécessité d’une réunion et le niveau élevé de violence dans les rues. Boric et sa compagne, Irina Karamanos, étaient au premier rang. Derrière eux étaient assis les ministres. Et tout au long de la cérémonie, au premier rang comme sur scène, il a été l’aumônier luthérien de La Moneda, Izani Bruch.

Les paroles du ministre du Secrétariat général du gouvernement, Segegon, Vallejo, interviennent au milieu de la pause que Chile Vamos -UDI, Renovación Nacional (RN) et Evópoli- a accordée mardi dernier aux pourparlers qui se déroulent entre les parties avec une représentation parlementaire pour se mettre d’accord sur un projet qui élaborera une nouvelle Constitution. Événement causé, comme l’ont expliqué les chefs des partis de centre-droit, par les propos de ministres du gouvernement, tels que Vallejo et Carolina Tohá, de l’Intérieur, qui l’ont interprété comme une « paute » dans les pourparlers pour accélérer les accords sur une nouvelle Charte géniale.

Plus précisément, Chile Vamos a envoyé une lettre au chef de la Chambre haute, Álvaro Elizalde (PS), demandant de reporter la réunion prévue jeudi à 9 heures au vendredi 23 septembre la semaine prochaine ; que la composition de l’instance soit reconsidérée, c’est-à-dire qu’il y ait une proportionnalité des présences selon la représentation que chaque parti a au Parlement, et que les représentants de l’Exécutif ne soient plus présents à l’instance de dialogue.

En outre, la suspension des pourparlers, ont-ils expliqué en interne, était motivée pour parvenir à des orientations communes entre les communautés du centre-droit, qui orientent pour l’instant leur proposition à fixer des marges de discussion avant qu’une nouvelle Constitution ne commence à être rédigée, telle que en tant que pays unitaire, afin d’éviter le concept de plurinationalité ; que l’autonomie de la Banque Centrale soit consignée ; deux chambres symétriques pour le système politique, entre autres limites.

Le président du Sénat, Álvaro Elizalde (PS), a assuré après la fin du rite que la date à laquelle la troisième réunion sera convoquée avec toutes les forces politiques pour poursuivre le processus constituant sera annoncée autour des fêtes nationales. « L’important c’est pour générer un climat qui nous permette d’avancer vers un bon accord pour le Chili », a-t-il assuré.

« L’humilité manquait autrefois, l’humilité manque maintenant, je pense qu’il faut retrouver la capacité à s’écouter. Car si nous voulons avoir une Constitution qui nous représente tous, il faut d’ailleurs agir avec générosité et sens des responsabilités du pays, et c’est un appel pour nous tous », a ajouté la sénatrice.

surmonter les conflits

Le maire de Puente Alto, Germán Codina (RN) était également présent à la cérémonie, et lorsqu’il est parti, il a assuré qu’il avait sauvé des messages l’appel à « descendre des vanités, des ego, de l’arrogance idéologique ».

« Et regardez qui est au premier plan, non pas en tant qu’adversaire, mais plutôt marcher ensemble pour construire un pays uni, mais aussi où nous respectons et comprenons également la diversité. Et de cette façon nous pouvons aussi construire un pays fraternel, surmonter les inégalités, les abus », a résumé le maire en guise de conclusions.

Les mots de l’évêque Le président de l’Église méthodiste pentecôtiste du Chili, Edmundo Zenteno, est allé dans ce sens lorsqu’il a déclaré que « La solution, c’est que les gens se comprennent » et a mis en avant l’unité du pays autour du drapeau, du territoire, de l’histoire, des croyances différentes : « Le Chili est un ».

« La réconciliation, c’est surmonter les conflits, surmonter les différences de manière constructive. La réconciliation ne signifie pas anéantir l’autre, cela signifie s’entendre avec l’autre. Mais pour cela, il faut que chaque parti s’en tire », a-t-il dit.

« Ce qu’il faut ici, c’est que nous parvenions à un accord. Que chacun de nous descende de cheval et croise et serre la main de l’autre cavalier, qui devra également descendre de cheval. Pour comprendre et voir les choses autrement. Pas si grand, mais avec les pieds sur terre ».

« Nous avons tant à gagner, nous avons tant à ajouter, tant à ajouter, que nous ne pouvons pas manquer cette occasion de rencontrer Dieu et de nous rencontrer », a conclu Mgr Zenteno.