La France augmentera d’un tiers ses dépenses militaires sur la période 2024-2030

Le président français Emmanuel Macron a annoncé vendredi (20.1.2023) que le budget de la défense de son pays augmenterait de plus d’un tiers pour la période 2024-2030. L’objectif est de transformer l’Armée de terre avec une dimension européenne claire et de la préparer aux menaces « multiples ».

Macron, qui a prononcé un discours à la base aérienne de Mont-de-Marsan, a expliqué qu’il demandera au Parlement un budget de 400 000 millions d’euros pour les sept prochaines années, qui couvrira 413 000 millions de besoins, contre 295 000 millions prévus dans la précédente loi de programmation militaire pour 2019-2025.

scénarios de tensions
« Les menaces sont multiples et elles s’additionnent », a souligné Macron, avant d’énumérer divers scénarios de tension, comme la Méditerranée orientale, la mer de Chine orientale et notamment la guerre en Ukraine, marquée par la « brutalité », avec des scènes crues. disparu depuis les deux guerres mondiales.

Macron a insisté sur le fait que si les deux lois de programmation militaire sont prises en compte, le résultat final est que le budget de la défense va « doubler ». « Après avoir réparé les armées, nous allons les transformer », a annoncé Macron, avant de détailler en quoi consistera cette évolution, qui passe d’abord par le renforcement de la dissuasion nucléaire, qui « est un élément qui fait de la France un pays différent en Europe » et dont « l’importance vitale » a été constatée avec la guerre en Ukraine.

Faire face aux cyberattaques
Il a avancé que les fonds destinés aux services d’information et de renseignement vont augmenter « de près de 60% » pour, entre autres, être en mesure de mieux résister aux cyberattaques. Le président a également affiché son intention de « doubler la réserve opérationnelle » afin de nourrir les rangs militaires au besoin et de renforcer les forces spéciales.

Concernant les moyens matériels, il a indiqué que le Rafale deviendra le seul modèle de la flotte de chasse, ce qui laisse présager un retrait des derniers Mirages. Il a également évoqué la « numérisation accélérée du champ de bataille » ; de plus grandes capacités en frégates ; le développement du « porte-avions nouvelle génération » ; le doublement des investissements dans les drones ou le Future Air Combat System (FCAS) que la France a lancé avec l’Allemagne et l’Espagne.

Contexte européen
Le président français a insisté sur le fait que les alliances militaires de son pays « ne peuvent être envisagées que dans le cadre de notre Europe » et que la France devra avoir la capacité de mener une opération européenne, « au sein de l’OTAN ou hors alliance », et pouvoir déployer une force à part entière de « jusqu’à 20 000 hommes ».

Macron a déclaré qu’il souhaitait que la nouvelle loi de programmation militaire que son gouvernement va présenter, qu’il a définie comme « un projet de souveraineté nationale qui ne serait pas cohérent sans sa dimension européenne », soit adoptée par le Parlement « d’ici l’été ».