Kaddisch pour Leon Schidlowsky (1931-2022)

Le 10 octobre 2022, le compositeur chilien León Schidlowsky, résidant en Israël depuis 1969, est décédé à Tel-Aviv, où il a été embauché comme professeur de composition à l’Université de Tel-Aviv. Son âme quitte ce monde, mais il nous laisse en héritage sa magnifique et vaste création musicale, marquée par un profond message social et humaniste.

Au Chili, Schidlowsky était sans aucun doute l’un des compositeurs les plus originaux de sa génération, manifesté par une recherche esthétique nouvelle et novatrice, qui a trouvé l’une de ses expressions les plus caractéristiques dans la notation graphique. Bien que son langage musical se situe dans les recherches internationales de son temps, les liens avec la culture chilienne et latino-américaine ont été constants dans son œuvre, se manifestant même dans certaines de ses dernières compositions.

À Tel-Aviv, Schidlowsky a été l’un des principaux promoteurs d’une avant-garde critique et novatrice, héritage qu’il a transmis à de nombreux compositeurs qui ont étudié avec lui au fil des ans. En 2014, Schidlowsky a reçu le Prix national des arts musicaux au Chili. Bien que ce prix ne soit pas accompagné d’une stratégie de diffusion du travail de ses lauréats, l’intérêt de divers ensembles, orchestres, solistes et directeurs de différentes générations – de Juan Pablo Izquierdo à Paolo Bortolameolli – a maintenu leur travail présent au Chili jusqu’à nos jours. .

Ses archives personnelles sont conservées dans les archives musicales de l’Akademie der Künste à Berlin, une institution qui dispose de conditions optimales pour sa conservation, mais aussi pour la consultation et la recherche. Le fait que ce fonds d’archives, qui rassemble les héritages de figures centrales de l’histoire musicale du XXe siècle, ait décidé d’acquérir le fonds documentaire de Schidlowsky, est une preuve supplémentaire de la reconnaissance internationale que sa figure a méritée.

Personnellement, j’ai eu le privilège de faire des recherches sur une partie de son travail, constamment émerveillé par son énorme créativité, ses liens originaux avec d’autres arts, et un message social constant qui dénonçait à la fois le fascisme et les dictatures latino-américaines, entre autres événements violents du XXe siècle. . Je garde précieusement dans ma mémoire les longues conversations tenues avec lui en 2011 (à Berlin) et 2014 (à Tel-Aviv) et je suis reconnaissante de l’amitié de son fils David, gestionnaire essentiel de l’héritage de son père. Les connaître a été un privilège qui va bien au-delà de la perspective musicologique et m’a enrichi en tant qu’être humain.

  • Le contenu exprimé dans cette tribune n’engage que la responsabilité de son auteur et ne reflète pas nécessairement la ligne éditoriale ou la position de Le compteur.