Guatemala : l’APG dénonce 105 attaques contre des journalistes en 2022

L’Association des journalistes du Guatemala (APG) a dénoncé ce lundi (12.12.2022) avoir enregistré 105 attaques contre la liberté d’expression en 2022 et la plupart d’entre elles seraient promues par le pouvoir judiciaire et le ministère public (député, bureau du procureur) de le pays d’Amérique centrale.

Parmi les plus d’une centaine d’attaques, il y a 10 cas de criminalisation et de harcèlement judiciaire, selon le rapport intitulé État de la situation de la liberté d’expression présenté lundi par l’APG.

L’emprisonnement du journaliste José Rubén Zamora Marroquín, président du journal du matin elPeriódico, est classé comme le cas le plus « emblématique » du schéma de harcèlement judiciaire, selon la même source. « Il est extrêmement préoccupant que le procès contre Zamora soit le prélude à une intensification des poursuites pénales contre la presse et qu’il aboutisse à davantage d’arrestations », a déclaré un communiqué publié par l’APG.

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Le syndicat des journalistes a tenu pour directement responsables le chef du ministère public, Consuelo Porras, et Rafael Curruchiche, chef du Bureau du procureur spécial contre l’impunité (FECI), comme responsables de la criminalisation de la liberté d’expression.

Des journalistes comme Michelle Mendoza, correspondante de CNN, et Juan Luis Font, directeur de l’émission de radio ConCriterio, se sont exilés sur fond de plaintes pénales à leur encontre et de harcèlement médiatique sur les réseaux sociaux, selon le syndicat.

L’APG assure que cette année le Parquet a déposé 34 plaintes pour agressions contre des journalistes et rejeté 81 autres, dont des cas de violences policières contre des reporters.

Plusieurs journalistes ont dénoncé que le pouvoir judiciaire a un accès limité à l’information, selon le rapport de l’APG. Par ailleurs, certains magistrats ont choisi d’interdire aux reporters l’accès aux salles d’audience lors des débats publics dans différentes régions du pays, a détaillé l’organisation journalistique.

Le rapport de l’APG précise qu’au cours des trois années au pouvoir du président guatémaltèque Alejandro Giammattei, 389 attaques contre la presse ont été commises dans tout le pays.